Les mots qui nous transportent

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Les mots qui nous transportent est un projet que je porte avec le précieux concours de la Compagnie Take Care, ainsi que le pôle culturel de la visitation de Thonon-Les-Bains

Vue d’ensemble

Chaque année, la semaine de la langue française et de la francophonie met dix mots et un thème à l’honneur avec l’opération “Dis-moi dix mots”.

Le bassin lémanique, lieu de rencontre entre les habitants de la Haute-Savoie, de l’Ain, et des cantons suisses de Genève, de Vaud et du Valais où les accents, vocabulaires et phrasés se mêlent et s’entrechoquent, apparaît comme un lieu idéal pour imaginer une performance mêlant écriture participative, mise en scène et jeu dans l’espace public autour de cet événement. Il s’agit de valoriser la francophonie, la faire briller comme trait d’union évident qui lie la population à son territoire.

Genèse et intention

Depuis plusieurs années, je regarde le funiculaire de Thonon-les-Bains avec l’envie de concrétiser son potentiel de lieu de performance. Ce moyen de transport établit la liaison entre le port de Thonon et la ville haute, en 3 minutes et 30 secondes.

En dehors de ce qui peut être joué dans les véhicules eux-mêmes, le fait que cette ligne de transport urbain traverse un espace public ouvert et fréquenté donne la possibilité d’avoir des interactions avec l’extérieur : passants, rues, balcons, bâtiments, jardins, mur du belvédère… Et l’aménagement des véhicules qui proposent une surface en forme d’open space donne une certaine liberté de jeu et d’interaction avec les voyageurs-spectateurs. Le potentiel de surprise du public y est important.

Le défi est alors d’y proposer des formats adaptés au temps de trajet entre les gares amont et aval. Le port de Thonon étant une passerelle vers Lausanne, nous voyons aussi le funiculaire comme espace de transit des populations entre deux rives du Léman, deux pays, unis par le lac et la francophonie.

De cette envie est née l’idée de créer un (ou des) spectacle(s) écrit de manière collective et collaborative, et ouvert(s) à d’autres lieux de jeu, tel que le Léman Express entre les gares d’Annemasse et de Chêne-Bourg qui traverse réellement la frontière, ou encore le téléphérique du Salève, qui permet en s’élevant de dévoiler aux yeux du spectateur un territoire où les frontières ne sont pas perceptibles à l’oeil nu.

Nous pourrions nous appuyer sur les “dix mots” mis à l’honneur par le ministère de la culture Français à l’occasion de la semaine de la langue française et de la francophonie et proposer au public volontaire de se frotter à l’exercice de l’écriture théâtrale. Il s’agirait de proposer des courtes pièces ayant chacun des “dix mots” en tant qu’inspiration, ou impulsion,et ayant cette contrainte de lieu et de mobilité dans le jeu qui leur donnera vie.

Ces temps de création pourraient prendre place dans la médiathèque de Thonon-Les-Bains, qui a déjà manifesté son intérêt pour le projet, et dans un lieu jumeau – une structure culturelle Genevoise dédiée à l’écriture, la littérature, à l’enseignement artistique ou au au spectacle vivant, animés et encadrés par des professionnel.le.s de l’écriture. En résulteraient 10 textes, des “courts-métrages théâtraux”, dont la durée de jeu devrait être de 3 minutes et trente secondes.

Puis la mise en scène des textes proposés serait réalisée dès la fin de 2026, avec pour objectif de présenter ces créations dans les lieux désignés à l’occasion de la semaine de la langue française et de la francophonie.

Grandes étapes

  1. Etude d’intérêt et de faisabilité

Cette phase a lieu entre octobre 2025 et la mi-mars 2026. Il s’agit d’affiner et de présenter le projet aux partenaires artistiques et institutionnels pressentis, pour confirmer l’intérêt artistique, médiateur et fédérateur du projet. Il s’agit également d’étudier les possibilités de financement des prestations des professionnels impliqués dans le projet, et notamment de candidater aux subventions accordées par les collectivités territoriales françaises, la ville de Genève et l’Etat de Genève aux projets culturels transfrontaliers.

  1. Communication et recrutement des auteurs et autrices, planification.

Cette phase est lancée dès le printemps 2026. Il s’agit pour les structures culturelles partenaires de communiquer auprès de leurs usagères et usagers, publics, élèves, adhérent.e.s ou abonné.e.s, pour recruter les auteurs et autrices volontaires parmi elles et eux. Une séance d’information pourrait être planifiée au cours du printemps 2026.

Les ateliers d’écriture sont planifiés dès que possible afin que chaque partenaire culturel impliqué dans le projet puisse mettre à disposition les ressources nécessaires à la réalisation de ces ateliers, notamment un espace de rencontre et de travail, sur les créneaux définis.

Il est important, dans la phase de recrutement, d’insister sur l’engagement des auteurs et autrices volontaires de participer à tous les ateliers d’écriture, jusqu’à la restitution.

  1. Préparation et réalisation des ateliers d’écriture

Les “dix mots” sont habituellement révélés à la fin du mois de mai de l’année en cours pour l’année suivante. Cela permettrait aux prestataires en charge de l’encadrement de ces ateliers :

  • De préparer les ateliers sur l’été.
  • De réaliser 4 ateliers, entre Septembre et mi-Novembre 2026 dans chaque structure participant au projet. A l’issue du dernier atelier, une lecture publique des textes écrits par les auteurs et autrices pourrait faire l’objet d’un événement dans les structures – Médiathèques ou espaces culturels – ayant apporté soutien au projet.
  1. Création et mise en scène

Les textes ainsi réalisés sont mis à disposition du collectif d’artistes collaborant avec la compagnie Take Care dès décembre 2026. L’adaptation et mise en scène de ces textes est réalisée jusqu’à la veille de la semaine de la langue française et de la francophonie avec pour objectif de jouer ces textes dans les moyens de transport évoqués plus haut.

  1. Représentations

Les représentations des créations ainsi réalisées sont planifiées en accord avec les sociétés de transport et leurs autorités de tutelle sur la semaine de la langue française et de la francophonie, sur les lieux qui auront effectivement pu être mis à disposition par les opérateurs de transports et leurs autorités de tutelle.

Rôles des partenaires

  1. Pour les établissements culturels partenaires
  • S’impliquer aux côtés de la compagnie Take Care en vue de la réussite du projet, et notamment :
    • Être “sponsor” des démarches de la compagnie Take Care auprès des autres partenaires pour obtenir les autorisations et les financements du projet.
    • Assurer le lien avec les structures homologues de part et d’autre de la frontière pour assurer une cohérence sur la communication.
    • Assurer la communication et la logistique concernant les ateliers d’écriture à réaliser en 2026 : Diffusion de l’information, Planification, Recrutement, etc.
    • Assurer une communication auprès des publics cibles au moment des événements de la SLFF, incluant les représentations.
  1. Pour les professionnel.le.s de l’écriture
  • Assurer la préparation et la réalisation des ateliers d’écriture à Thonon et Genève.
  • Assurer une cohérence dans l’approche et les pratiques de part et d’autre de la frontière
  • Impliquer les artistes de la compagnie Take Care sur l’avancement des textes produits par les auteurs et autrices volontaires
  • Accompagner les auteurs et autrices volontaires dans l’écriture des pièces, jusqu’à la livraison des textes en décembre 2026
  1. Pour les partenaires de création
  • S’impliquer aux côtés de la compagnie Take Care en vue de la réussite du projet, et notamment :
  • Proposer des périodes de résidence en weekend sur le 1er trimestre 2027
  1. Pour les sociétés de transport et/ou les autorités de tutelle
  • Autoriser la compagnie Take Care à jouer les spectacles issus de ce projet dans les moyens de transport désignés (Funiculaire de Thonon, Leman Express, Téléphérique du Salève)
  • Communiquer sur les événements auprès de leurs usagers et sur leurs supports de communication.

Conclusion 

“Les mots qui nous transportent” porte à la fois le désir d’impliquer le public dans un projet artistique transfrontalier, qui mettra sur le devant de la scène une coopération forte entre les acteurs de la culture de part et d’autre de la frontière, et le désir de faire résonner la francophonie, trait d’union entre les populations de notre territoire, au même titre que les moyens de transport dans lesquels les textes issus de ce projet seront mis en scène et joués.